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Euro U20M: France-Espagne... nous nous sommes tant désaimés !

25 juillet 2018 - 08:43

 France

Ils ne se sont pas encore croisé mais François Xavier Houlet, une des voix du handball sur beIN sports et Jordi Ribera, le sélectionneur d'Espagne "A" sont présents sur cet Euro des moins de 20 ans. Dans un registre totalement différent, ils ont tous les deux accepté de nous parler de la confrontation mais aussi pour le sélectionneur catalan de sa perception du handball en général et espagnol en particulier.

par Yves Michel, à Celje (Slovénie)


S'ils veulent se dégager une voie vers le paradis des demi-finales et surtout rester dans la lumière jusqu'à dimanche, les Français doivent battre l'Espagne. Ils peuvent même passer au bénéfice d'un match nul mais cela en serait trop pour le palpitant de la vingtaine de supporters qu'ils ont su attirer en Slovénie.

France-Espagne... le contentieux existe et les confrontations sont si nombreuses qu'on ne parle plus de revanche. Chez les "A", le rendez-vous le plus récent date de six mois. A une heure et demie de route de Celje, à Zagreb. Tiens, pour aussi un Euro. Et les hommes de Jordi Ribera (voir plus bas), avaient en demi-finale pris l'ascendant sur ceux de Didier Dinart. Là, il s'agira justement d'un ticket à décrocher pour accéder au carré final.

France-Espagne... c'est aussi la culture du paradoxe. Deux handball qui se respectent, qui s'apprécient parfois et des Espagnols qui ne trouvant pas fortune et reconnaissance dans les clubs de l'Asobal ont franchi la frontière pour réussir à Nantes, Toulouse, Paris, Chambéry, Aix ou St Raphaël. En battant la "Rojita", les minots français relèveraient un sacré défi.

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Pol Valera Rovira, une des pièces maîtresses de la "Rojita"

François-Xavier Houlet: "La France ne doit pas tomber dans la facilité"

Arrivé au moment où la bagarre prend une excitante tournure, François Xavier Houlet a suivi le comportement des Français face aux Croates mais il n'a pas voulu rater la prestation des Espagnols face au Portugal.

Et pour la 1ère fois depuis le début du tournoi, les joueurs d'Isidoro Martinez ont trouvé plus fort qu'eux avec l'équipe du Portugal qui a encore augmenté sa performance en alignant un 4ème succès d'affilée (29-27). D'habitude si à l'aise dans ses enclenchements, l'attaque espagnole a souvent buté sur la défense lusitanienne. Pire pour les affaires de la "Rojita" lorsqu'elle a changé de système défensif, le Portugal s'est parfaitement adapté et lui a infligé un cinglant 4-0. André Gomes , Diogo Silva, Leonel Fernandes, les mêmes ui en ouverture avaient fait du mal aux Français vont s'illustrer et porter le score à six longueurs d'écart au plus fort de la rencontre (4-10 à la 18ème). Les Espagnols vont faire le dos rond, ne pas paniquer et tenter de réagir. Ils vont presser leur adversaire en seconde période et réduire le score. Mais le Portugal va tenir jusqu'au bout et s'imposer. L'équipe de l'entraîneur Carvalho Dos Santos est la seule avant la dernière journée du tour principal à se qualifier pour les demi-finales. Ce mercredi, elle aura un petit match d'entraînement contre une Croatie totalement démobilisée. Les cadres pourront cirer le banc, les remplaçants espérer se faire remarquer. 

Les plus et les moins de l'Espagne by FX
Collectivement, c'est bien en place, il y a peut-être moins d'individualités que dans certaines équipes, à commencer par la France voire même le Portugal. Les Espagnols sont toujours capables de causer des soucis à l'adversaire en défense, cela s'est vérifié aujourd'hui contre le Portugal. Il n'y a pas de secret, on retrouve les mêmes dispositions chez les "A", capables de poser des petits pièges ça et là, de changer de système défensif. Après, cela manque un peu de constance et de puissance, les joueurs évoluent sur le même registre mais c'est limité.

Et face à la France ? 
Je dirai que les Français doivent profiter de la dynamique dans laquelle ils sont. Les Espagnols doivent être bousculés, cela ne leur était pas encore arrivé. Les nôtres montent en puissance donc ce sont deux courbes qui pourraient s'inverser. Demain (ce mercredi) c'est tout simplement un quart de finale. Le meilleur passera.

Le pronostic ? 
(sourires)… la France a les moyens de le faire. Mais elle ne doit jamais tomber dans la facilité car même dominés par les Portugais, les Espagnols ne lâchent jamais rien.  

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Jordi Ribera: "La France est très en avance au niveau des structures"

Son crâne dégarni ne passe pas inaperçu dans les tribunes de la Zlatorog Arena de Celje. En esthète et amoureux du handball qu'il est, Jordi Ribera se délecte de ce qui lui est amené à voir. Il a suivi les péripéties des minots espagnols, a souffert avec eux contre le Portugal mais garde une répartie et surtout un sang-froid hors du commun. Le quinquagénaire catalan arrivé à la tête de la sélection nationale voilà deux ans est investi d'une mission, capitaliser sur le succès lors du dernier Euro en Croatie sans oublier personne.

Jordi, en quoi est-ce si important d’être ici sur cet Euro juniors ?
C’est avant tout naturel pour le sélectionneur que je suis. Parmi ces joueurs, il y en a certainement qui rejoindront l’équipe nationale séniors. Etre présent ici est la meilleure des façons de garder le contact.

Déjà, on dénote une belle assurance chez certains…
Oui, certains jouent déjà depuis quelques temps en Liga Asobal. C’est important qu’ils gravissent échelon par échelon et qu’ils connaissent la haute compétition, même si notre championnat espagnol a perdu un peu de valeur en Europe.

Vous avez remporté l’Euro 2018 en Croatie, est-ce le renouveau de la « Roja » et plus largement du hand espagnol ?
Oh.. on a vécu d’extraordinaires sensations. On est monté en puissance progressivement, en insistant sur ce qu’on sait faire de mieux. L’anticipation, les changements et la discipline en défense, en profitant des erreurs des autres comme face à l’Allemagne ou en finale contre la Suède, j’ai aussi joué sur la complémentarité des joueurs notamment en attaque. Tout cela a contribué à la créativité. Alors dire que l’Espagne est en plein renouveau… il faudra encore confirmer pour le dire.

Certains internationaux sont en fin de cycle. Sarmiento, Morros, Aguinagalde, Raul Entrerrios ont largement dépassé la trentaine, est-ce que la relève est prête ?
Oui et nous avons un regard bienveillant sur les jeunes générations. Depuis que je suis rentré et que j’ai pris mes responsabilités il y a deux ans, j’ai fait le tour des clubs, je me suis beaucoup entretenu avec les techniciens.

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Jordi Ribera en compagnie d'Isidoro Martinez, le coach des U20 espagnols

La porte de la sélection est donc ouverte…
Oui, mais cela se mérite. Ce n’est pas un dû. Le joueur doit être bon ou du moins régulier dans ce qu’il fait sur l’ensemble de la saison. Cela vaut pour les cadres comme pour les jeunes qui arrivent. Je n’hésiterai pas à écarter un joueur quel qu’il soit s’il n’est pas performant.

Longtemps, la France a été un modèle au niveau de la formation, est-ce que pour vous, c’est toujours une réalité ?
Les styles sont différents. Mais là où on a des progrès à faire, c’est au niveau des structures. Et en France, vous êtes très en avance dans ce domaine. Cela tend à s’améliorer mais cela ne peut se faire en un jour. Mais on y travaille. Ma préoccupation également, est que les meilleurs joueurs gardent leur niveau.

Est-ce un problème pour vous que Barcelone s’intéresse plus aux étrangers qu’aux joueurs espagnols ?
Non, absolument pas. Il y a dix ans, la majorité des internationaux était issue de deux clubs, le Barça et Ciudad Real. Maintenant, ils sont éparpillés dans toute l’Europe. Ce qui m’importe, c’est d’avoir les meilleurs joueurs aux meilleurs postes. Peu importe finalement où ils évoluent le reste de l’année. Certains sont en France, d’autres en Pologne ou en Allemagne, quelques-uns en Espagne. Ceux qui ont tenté leur chance à l’étranger, ont aussi libéré des places pour les jeunes dans les clubs.  Il y a encore 8-10 ans, il leur était quasiment impossible de jouer en Asobal. Tout le monde est gagnant.

© Yves Michel  - Handzone  

 

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